Un article d'Eric Plamondon professeur à Montréal.
Il commence l'Aîkido à Québec. Il étudie sérieusement pendant de nombreuses années, il suit les cours de nombreux professeurs Québécois, Américain, Français et japonais: Yamada, Chiba, Tamura etc jusqu'au jour où il découvre l'aikido d'Alain Peyrache lors de sa première venue à Québec en 2000.
C'est la révélation, enfin l'aïkido qu'il cherchait depuis longtemps, depuis il se consacre à developper l'enseignement de son maître au Québec.
Les caladois le connaissent bien car depuis plusieurs années il vient régulièrement dans notre dojo de villefranche suivre les cours de notre sensei Alain Peyrache.
Dojo
Un dojo n'est pas une salle de sport ; vous risquez donc d'être surpris en y pénétrant...
Les pratiquants, selon leur discipline, sont habillés avec un "kimono"... dirait le néophyte.
Le terme est impropre : c'est comme confondre le smoking (ou une tenue de soirée)
– ce qu'est un kimono – avec le survêtement.
Le terme approprié est “keikogi” : keiko = exercice, gi = vêtement, ou encore : “aïkidogi” = vêtement d'aïkido.
Dans un dojo se pratiquent 2 types de discipline :
– Des arts martiaux devenus avec le temps exactement l'inverse d'un art martial,c'est-à-dire du sport martial,
avec des championnats, des champions, etc..
Ils se pratiquent avec des entraîneurs, des techniciens, voire avec des professeurs de gymnastique.
La notion de dojo pour ces pratiquants est devenue assez vague, pour ne pas dire oubliée.
Les notions sportives ont dénaturé la discipline.
– Et des arts martiaux traditionnels
qui n'ont pas dévié, pour lesquels il n'existe pas de compétitions, ni championnats, ni champions. La discipline se pratique exclusivement sous la direction du Maître que l'on appelle en japonais "sensei", qui est fondamentalement à l'opposé d'un entraîneur, technicien, ou professeur de gym.
Le port du hakama indique que vous êtes en présence d'un art martial traditionnel.
La compétition, notion sportive, n'est pas une évolution mais une régression, une déviation.
En effet, pour que la compétition soit possible, il faut créer des règles, et ne garder que les techniques les moins efficaces ; sinon cela deviendrait un sport dangereux, donc interdit. Par exemple une claque est un coup interdit en karaté : toucher son adversaire vous disqualifie ; saisir les cheveux, mettre les doigts dans les yeux, c'est interdit en judo.
La compétition est donc un jeu sans aucune réalité martiale. Le champion le plus fort aujourd'hui, dans le cadre de ce jeu irréaliste, est quelqu'un qui au cours de sa carrière a perdu de nombreuses fois ; martialement... il a été tué depuis longtemps !
Dans un art martial la compétition est impossible :
sur le champ de bataille, il n'y a pas de règles !
La compétition demande une performance physique, l'épreuve durant un certain temps.
Dans un art martial, l'adversaire doit pouvoir être mis de hors de combat en une fraction de seconde ;
une technique efficace ne doit pas nécessiter de force.
Le culte du champion – de la vedette – n'existe pas dans la pratique martiale où la perfection est un objectif lointain que l'on poursuit sans jamais l'atteindre. Aucune raison de se glorifier...
Le pratiquant est prêt à tout pour arriver à ce statut de champion ; même à tricher, à se doper. Aucune raison pour le pratiquant d'art martial de tricher, car c'est s'illusionner sur ses compétences... et sur un champ de bataille cela signifie : la mort. Au contraire, il doit parfaitement connaître ses compétences et ses limites, c'est à dire avoir une parfaite connaissance de lui-même.
Le comportement des pratiquants, leur tenue, seront donc obligatoirement différents selon la discipline pratiquée.
Assimiler l'aïkido, art martial traditionnel, à un sport martial – comme le judo ou le karaté – est donc une très grossière erreur.