L'E.P.A, Europe Promotion Aïkido, est une école européenne créée au début des années quatre-vingt-dix
dont le but est de favoriser la transmission traditionnelle de l'aïkido.
L'aïkido est une discipline martiale par essence non compétitive, fondée au Japon dans la première moitié
du vingtième siècle par le maître O Sensei Morihei Ueshiba. Le terme Aïkido signifie littéralement
"Voie de l'harmonisation des énergies". Cette discipline, depuis son origine, a pour but le développement
personnel de chacun de ses pratiquants. Les premiers temps de leur pratique, les débutants arrivent
dans l'espoir d'apprendre à faire tomber des adversaires. Rapidement, ils prennent conscience
que cet objectif est une chimère : ce qu'ils visent, à chaque séance, c'est une meilleure connaissance
d'eux-mêmes, de leurs craintes, de leurs limites.
Cette approche de l'art martial est fondamentalement orientale. En aïkido, comme dans toutes les disciplines
traditionnelles japonaises, on apprend à pratiquer sans désir de se positionner par rapports aux autres
pour asseoir son ego sur un empilement d'honneurs, de titres honorifiques et de gloire. Dans la tradition
de tous les enseignements héritiers du Zen, on parle ainsi de la posture "mushotoku", ce qui signifie
"sans but ni esprit de profit". Ne chercher ni honneur, ni gloire, ni titre : c'est là la condition
d'un apprentissage sérieux et fidèle à l'esprit traditionnel, qui donne seul son sens à l'aïkido.
Au Japon, depuis des centaines d'années, l'enseignement repose sur un schéma bien connu dans nos pays européens,
et qui est celui de l'apprentissage : le maître-artisan choisit son apprenti, l'accueille et le forme dans
le but, des le premier jour, de favoriser le développement de son autonomie, de lui donner les moyens de
comprendre le sens véritable de chacun de ses gestes, d'optimiser son travail en limitant les actions inutiles.
C'est dans ce cadre qu'au Japon comme en France, par exemple, les traditions les plus anciennes ont pu se
perpétuer et se développer, s'adapter aux nouvelles techniques, aux conditions du monde moderne.
Lorsque les premiers maîtres japonais sont arrivés en occident au début des années 50, envoyés par leur professeur
(maître d'apprentissage) pour répandre la discipline à travers le monde, ils se sont bien sûr comportés en hôtes,
et se sont respectivement adaptés aux différentes traditions locales. Experts d'arts martiaux, leurs
interlocuteurs naturels ont ainsi été en France les différentes structures gérant les activités sportives.
C'est ainsi que se sont succédé les fédérations d'aïkido que l'on a vues fleurir depuis cinquante ans.
Les premiers élèves ont été formés au contact direct des maîtres et peu à peu, ils ont formé des élèves,
qui ont formé les leurs. Dans le cadre de structures sportives, ces derniers, toujours plus éloignés
de la source, n'ont eu de cesse de faire de l'aïkido un sport – et on le comprend puisque c'est ce qui
correspond à leur culture occidentale : la tradition est souvent devenue en quelques décennies un simple
folklore, et les gestes se sont vidés de leur sens. On a ainsi vu rapidement se multiplier les titres,
les courses aux diplômes, les médailles, les cours "de niveaux", les ceintures en couleurs, toutes choses
qui n'ont aucun sens pris dans le contexte de transmission traditionnelle que nous évoquions plus haut.
Un pratiquant d'aïkido traditionnel n'attend pas qu'un jour, quelque anonyme lui dise qu'il est une fois
pour toutes compétent, il cherche au contraire en permanence à affiner la justesse de sa démarche : il se fie
pour cela au jugement de son maître (d'apprentissage) et utilise en toute autonomie les outils et les savoir-faire
que celui-ci lui a transmis.
Pourquoi une structure telle que l'EPA est-elle alors nécessaire ? Parce que nous pensons que les approches
proposées par les différentes fédérations françaises, qui voient notre discipline du point de vue des ministères
successifs de la Jeunesse et des Sports, vident absolument l'aïkido de son sens et de son intérêt. Pour s'en
convaincre, nous allons mettre en avant quelques extraits des textes officiels encadrant la pratique fédérale.
Dans le souci de nous faire comprendre du plus large public, qui n'a pas forcément une connaissance précise des
enjeux liés à la technique elle-même ou encore des questions pédagogiques afférentes, nous nous limiterons à
quelques observations. Nous restons évidemment à la disposition du lecteur dont ces quelques lignes auraient
pu aiguiser la curiosité pour prolonger avec lui l'analyse et l'étendre à d'autres champs de réflexion tout aussi
édifiants.
Les extraits qui suivent ont tous pour source le document-cadre issu du Journal Officiel de la République
française n°113 du 15.05.2004 (texte NOR : MJSK0470072A) définissant les conditions de délivrance des grades dan
par la CSDGE (commission spécialisée des dans et grades équivalents, nommée pour une olympiade par le ministère
parmi les représentants des deux fédérations françaises délégataires).
Ce document rappelle que "quel que soit le grade présenté, aucun candidat ne peut être examiné par un jury
dans lequel siègerait un juge qui serait le professeur de son club d'appartenance" (op. cit., p. 15).
C'est là un principe républicain irréfutable, qui acte le devoir d'égalité dans un cadre scolaire par exemple.
Le décret définit ensuite les critères généraux de délivrance des "grades" : à la page 3, on peut ainsi apprendre
que "la commission sanctionne par la délivrance des dans et grades équivalents la valeur sportive et morale
des pratiquants".
C'est donc bien de sport qu'il s'agit, pour le législateur, lorsqu'il est question d'aïkido :
on pourrait alors légitimement se demander comment une commission "composée de techniciens" (op. cit., p. 9)
peut prétendre évaluer la "valeur morale" d'un candidat que, par obligation éthique, il n'a pas le droit
de connaître (et dans le même temps, on gagnerait sans doute à s'interroger philosophiquement sur ce
qu'on entend par la valeur morale d'un individu, et, une fois celle-ci posée, sur les moyens de définir
des instruments en permettant l'évaluation objective, mais on entrerait dans des sphères idéologiques
dont les références sentiraient assez vite le renfermé).
Cette question serait sans doute légitime. Mais elle serait vite balayée par une autre, bien plus stupéfiante.
Définissant les critères d'attribution des hauts grades, la CSDGE, qui officie au nom de l'Etat, signifie ainsi,
par exemple, que "ce n'est qu'à partir du 5e dan que la maîtrise [technique] doit être complétée par une maîtrise
au plan spirituel", qu'au 7e dan "l'être manifeste son vrai soi, libre de tout attachement, il éprouve la joie
de vivre ici et maintenant", et qu'au 8e dan, "au-delà de la vie et la mort, l'esprit clair est ouvert,
capable d'unifier les contraires" (op. cit., deuxième annexe, p. 5)
Selon ces derniers principes, la CSDGE, constituée de techniciens, serait seule
1 en mesure de statuer
sur l'aptitude d'un homme à percevoir l'au-delà de la vie et de la mort, ou à définir ce qu'est le
"vrai soi" d'un être. Quant à la maîtrise "au plan spirituel", qu'on attend d'un haut gradé, elle serait
de fait l'affaire de l'Etat. Que dire de plus, lorsque les textes parlent d'eux-mêmes ? On ne s'attardera pas
pour l'instant sur ce point, si ce n'est en posant la question de savoir, en vertu du principe de la laïcité
et de la séparation des Eglises et de l'Etat, quel regard le ministère de la Jeunesse et des Sports peut bien
poser sur cette affaire privée et intime – s'il en est. Pour ce qui est de la "joie de vivre", les seuls modèles
politiques à s'en être préoccupé étaient totalitaires, on ne fera pas l'affront de le rappeler au lecteur.
1 Les premières lignes du préambule au règlement particulier de la CSGDE rappellent
l'article 17-2 de la loi du 16/07/84 modifiée le 6/07/2000 : "nul ne peut se prévaloir d'un dan ou d'un grade
équivalent sanctionnant les qualités sportives et les connaissances techniques et, le cas échéant,
les performances en compétition, s'il n'a pas été délivré par la CSDGE de la fédération délégataire"
Posons donc ici une question simple, et reprenons la citation déjà évoquée plus haut :
"Quel que soit le grade présenté, aucun candidat ne peut être examiné par un jury dans lequel
siègerait un juge qui serait le professeur de son club d'appartenance" (id., p. 15).
Quand bien même on accepterait de passer sur les multiples paradoxes que l'on vient de soulever : comment
un jury, constitué et installé par l'Etat français pour juger de la valeur sportive d'un candidat (id., p. 3)
peut-il statuer sur la spiritualité d'un pratiquant avec lequel – impartialité républicaine oblige –
il ne doit avoir aucun lien personnel ?
C'est évidemment absurde. Le lecteur évaluera de lui-même cette incohérence, on n'insistera donc pas.
L'Etat n'a pas à s'occuper de la spiritualité, pas plus que les sportifs en son nom. Et si d'aventure
le sportif si piquait d'une aspiration à la transcendance, vers laquelle le conduirait le chemin tracé
par les fédéraux, en répétant pendant des années des catalogues de techniques homologuées pour obtenir
des titres glorieux décernés par des jurys eux-mêmes touchés par la grâce céleste et qui, en vingt minutes
de frappes, de clés et d'esquives, sauront statuer sur ses qualités morales, pourquoi pas ! Mais que ce
sportif le fasse dans un cercle privé ou dans le cadre d'une transmission maître d'apprentissage / élève,
la seule voie traditionnelle qui ait un sens, et qui ne soit pas concernée par des soucis invraisemblables
d'évaluation normative
2.
Et qu'il cesse un peu de se prétendre apte, dans ces circonstances, à parler au nom de l'Etat !
2
En ôtant à l'enseignant le droit d'évaluer la compétence technique de ses élèves, on prend le parti de faire
de lui un malhonnête, incapable de droiture – droiture qu'on a pourtant évaluée puisque l'enseignant breveté
est lui-même un haut gradé certifié digne de la confiance de l'Etat… Ce paradoxe est rarement mis en avant.
Les membres de la CSDGE qui, bien que ne connaissant pas les candidats, se prétendent capables de mesurer –
ce qui est idiot – leurs très hautes valeurs spirituelles dont ils se présupposent eux-mêmes détenteurs,
bien entendu. Tout cela est d'une stupéfiante fatuité.
L'aïkido est en effet une voie de développement personnel. Pour tout un chacun, elle consiste à apprendre à se
connaître. Le but n'est donc pas unifiable dans le cadre d'une fédération sportive. Comparer deux pratiquants
n'a aucun sens, parce que le chemin qui les conduit à eux-mêmes ne peut être identique. On ne peut donc pas être
dans l'entre-deux : penser respecter les enseignements du fondateur de l'aïkido, penser pouvoir suivre les chemins
qu'il a tracés tout en pratiquant à l'intérieur d'un cadre conçu pour le sport et les sportifs, c'est commettre
une lourde erreur de jugement. Notons au passage que les titres délivrés par la CSDGE étant valables uniquement
sur le territoire français, la valeur mystique (!) de tel pratiquant d'exception dans notre beau pays s'arrête
une fois les frontières passées. C'est déjà absurde en soi, mais à l'heure de la construction européenne,
c'est encore plus désolant.
C’est pourquoi « l’aïkido Français » n’intéresse pas les pratiquants d’aikido en dehors de l’hexagone.
C’est aussi la certitude d’être ridicule. La conception française de l’aikido « UFA » destinée à réunir les
pratiquants des nombreuses fédérations de France et de navarre n’arrive pas à voir le jour depuis bientôt
un demi sciècle. Pour une raison simple aucun aikido n’en veut car ce n’est pas de l’aikido. Sa seule raison
d’être est l’intérêt et le pouvoir qu’elle donnerait à ses diirigeants sur les aikidokas d’où ces guerres
de pouvoir incessantes et lamentable attirant les ambitieux et mégalos de tous horizons à l’opposé de
la « voie de l’aikido ».
C’est pourquoi le vrai pratiquants d’aikido se tourne vers l’aikido qui est pratiqué dans le monde entier
dans tous les autres pays et au japon qui sont les vraies références et qui font les vraies réputations
laissant le pratiquant français à ses délires nationaux.
Le but de l'aïkido est de former des hommes autonomes, conscients de leurs actes et assumant leurs choix.
L'E.P.A. matérialise ce choix en permettant à des milliers de pratiquants dans toute l'Europe de pratiquer
et transmettre l'aïkido, dans le cadre simple et efficace de l'enseignement traditionnel. L'E.P.A. developpe
depuis plus de 15 ans dans toute l’europe l’aikido traditionnel du fondateur de l’aikido, ce qui explique que,
symboliquement, il a été choisi d'installer son siège à Bruxelles, siège de l’Europe et témoin de l'esprit
d'ouverture qui nous caractérise.